De
longue date, les territoires de la plaine de la Durance ont constitué
un lieu de séjour et d’activités pour les
“gens du voyage”. Dans les années 60, certaines
familles de gitans ont pu acheter des terrains de faible valeur
foncière dans les zones en friche bordant la Durance, pour
y installer leurs caravanes et créer des lieux de séjours
pour le groupe familial.
Ces
populations ont participé à l’activité
économique de la région en étant des ouvriers
agricoles saisonniers consciencieux. Ils ont également,
dans le passé, développé des activités
dites de petits métiers : vannerie, cueillettes de plantes
pharmaceutiques, commerces ambulants, ferrailleurs ou encore musiciens.
Ces activités économiques étaient alors compatibles
avec les périodes de pèlerinage et les traditions
familiales qui nécessitent beaucoup plus de disponibilité
et de mobilité que ne le permet le rythme du travail salarial
dans notre société.Comme partout en France, la sédentarisation
ou la semi sédentarisation “contrainte” des
“gens du voyage” constitue un bouleversement de leur
mode de vie, notamment de leurs moyens de subsistance et d’exercice
de leurs activités sociales. A Pertuis, comme ailleurs,
les phénomènes de pauvreté liés à
cette sédentarisation s’observent de façon
inégale selon les générations, les familles,
les origines, jusqu’à faire émerger différents
groupes sociaux parmi ces populations. Aujourd’hui, c’est
plus de 200 familles qui résident sur la commune de Pertuis
et aspirent à y trouver un lieu de vie pérenne.
Pour certains jeunes gitans, le souhait est de parvenir à
adopter un mode de vie sédentaire, “normalisé”,
leur permettant d’exercer une activité professionnelle
et d’obtenir ainsi des revenus de subsistance, de constituer
un noyau familial à l’image de la famille classique
(un couple et deux enfants). Les populations gitanes de Pertuis
sont tiraillées entre des aspirations de “modernité”
et des traditions familiales. Elles sont sujettes à la
suspicion des autres et à des attitudes discriminatoires,
et sont confrontées à l’échec scolaire
des enfants, la précarité de l’emploi, les
difficultés de logement, ou encore des problèmes
de santé récurrents …
Sur
proposition de la Direction Départementale du Travail du
Vaucluse, le programme européen EQUAL s’est imposé
aux acteurs de l’emploi et de l’insertion ainsi qu’aux
élus locaux comme l’outil permettant de rompre cette
logique et de concevoir une démarche globale d’accueil,
d’écoute et d’accompagnement de ces populations.