|
|
|
LES
JEUNES ET JEUNES ADULTES GITANS EN FORMATION AU COURS DE L’ANNÉE
2003 |

Le
Programme Equal(r) permet à l’équipe d’ADREP
Formation Pertuis de renforcer ses méthodes d’accompagnement
individuel afin d’augmenter la participation des jeunes
gitans aux actions de formation. proposées dans le cadre
du Programme Régional de Formation, et de les inciter à
mener à bien des parcours complets, de la remise à
niveau des connaissances de base à l’entrée
dans la vie professionnelle.
La formation étant la première
étape de l’insertion sociale et professionnelle,
il est indispensable que les jeunes gitans participent à
des actions accueillant tous les jeunes du territoire engagés
dans la même démarche, quelles que soient les appartenances
culturelles.
Le
public gitan de Pertuis participe à quatre dispositifs
de formation
“Formation
Linguistique de Base”, “Formation de Base à
Visée Emploi”, “Dynamique de Formation et d’Insertion”
et “Dynamique de Choix Professionnel”.
Les
démarches pédagogiques de ces actions varient en
fonction du niveau de connaissance et de la maturité du
projet personnel et professionnel de la personne. Toutefois toutes
ces actions ont en commun le travail sur la définition
et l’affinement du projet professionnel, la vérification
des attentes, des aptitudes et des attitudes testées en
milieu de travail, la motivation personnelle et la consolidation
de l’estime de soi : elles peuvent être enchaînées
au fur et à mesure de l’évolution personnelle
du participant, de l’acquisition de la langue orale et écrite
jusqu’à l’accès à un emploi stable
ou à l’entrée dans un parcours qualifiant.
Dès le début
de la formation, les jeunes, accompagnés par le formateur,
définissent leur objectif professionnel. On ne retrouve
pas chez les hommes d’orientation particulière propre
à l’image des métiers gitans traditionnels,
même si chez ceux-là, un second choix se porte souvent
sur les activités liées à la musique.
On note également,
que les femmes, quand elles ont un projet professionnel, sont
prêtes à s’engager dans des parcours qualifiants,
alors que les hommes sont avant tout à la recherche d’un
emploi immédiat. Tout au long de leur formation, les participants
ont la possibilité de vérifier la validité
de leur projet professionnel, en fonction de l’acquisition
des connaissances de base - expression orale, lecture, écriture,
calcul - et en effectuant des stages en entreprise axés
vers la découverte du métier et des
contraintes liées à un emploi régulier. La
participation des jeunes gitans à ces stages est variable,
mais plus l’objectif professionnel est précis, plus
le stage en entreprise est réussi. A la fin de chaque cycle
de formation, le projet initial est validé ou non : en
2003 environ 40% des participants ont soit validé leur
projet initial, soit l’ont modifié en cours de formation
puis validé. Dans la plupart des cas où le projet
a été validé, une formation complémentaire
est envisagée, commençant par une remise à
niveau, suivie ultérieurement d’une formation qualifiante.
Parmi les préconisations,
on note également la poursuite d’un travail de construction
de l’image personnelle et de l’estime de soi. Pour
un quart des jeunes, la poursuite du parcours formation emploi
passe avant tout par le règlement de problèmes personnels,
familiaux et de santé. Enfin, en 2003, ADREP Formation
a mis en oeuvre dans le cadre d’un cycle “Dynamique
de Formation et d’Insertion”, une option qualifiante
magasinage : c’est la possibilité pour des jeunes
d’acquérir des compétences professionnelles
avant la finalisation d’un parcours complet de remise à
niveau, et d’obtenir la licence cariste niveau 3. Les 5
jeunes gitans présentés à l’examen
ont été reçus.
LA
RÉALISATION DE PROJETS COLLECTIFS

Afin
de renforcer les effets des actions de formation précédemment
présentées, Adrep Formation a mis en oeuvre au second
semestre 2003, une démarche pédagogique fondée
sur la réalisation de projets de groupe ouverts sur l’environnement
social : ces réalisations ont pour but d’aider les
jeunes participants à prendre conscience de leur capacité
à créer, à agir collectivement : elles développent
un ensemble d’aptitudes sociales également nécessaires
pour l’adaptation au milieu professionnel.
Le projet collectif est une
partie de la formation et l’équipe de formateurs
veille à la cohérence de l’ensemble du dispositif
: l’alternance entre les ateliers proposés et le
déroulement plus formel des cours permet également
de rendre la formation plus attrayante et l’acte d’apprentissage
plus efficace. La construction d’un projet collectif suppose
l’adhésion de tous les participants à la démarche,
puis l’appropriation du projet dont les jeunes deviennent
autant auteurs qu’acteurs.
Cette démarche innovante
pour les jeunes qui avaient jusqu’alors
fréquenté les cycles d’alphabétisation
et de mobilisation d’ ADREP Formation, a demandé
un temps d’adaptation : la série d’ateliers
proposés - cirque, ateliers tissus, atelier sculpture -
a permis aux participants d’approcher une nouvelle façon
de travailler, de découvrir les liens existant
entre création, travail collectif et acquisition des savoirs
de base et des comportements en groupe. Les premières créations
ont donné lieu à une présentation collective
: les mannequins de tissus et papier mâché, animés
par un travail d’écriture commune, racontaient le
quotidien des jeunes, leurs attentes, leur futur, du jeune désoeuvré
au couple uni par le mariage traditionnel gitan.
L’analyse de cette première expérience a permis
de redéfinir les axes de travail pour l’année
2004. Dans un premier temps surpris par ce qui leur était
proposé, les jeunes en formation sont maintenant forces
de proposition et ont réorienté les ateliers dans
le sens d’un projet collectif
défini selon leurs aspirations.
Les jeunes gitans, principaux destinataires de la démarche,
vont partager les réalisations avec l’ensemble des
jeunes participants aux formations de l’établissement
: le projet collectif qui sera développé en 2004
s’inscrit dans une volonté d’ouverture à
la connaissance interculturelle puisque l’ensemble des travaux
réalisés en atelier ont un thème commun
: “VIVRE ENSEMBLE ICI ET MAINTENANT: NOTRE RICHESSE CULTURELLE”.
Ils feront l’objet d’une présentation à
la population de Pertuis courant 2004.
|